3 leçons d’athlètes olympiques pour viser l’or en performance événementielle
Et si votre prochain événement avait la précision d'une épreuve olympique ?
Jour J, H-1. Cette montée d'adrénaline, cette dernière relecture des plannings, cette tension palpable où tout doit être parfait… En tant que professionnel de l'événementiel, ce mélange d'excitation et de pression est votre quotidien.
Cette quête de la perfection, où le moindre détail scelle le succès, n'est finalement pas si éloignée de celle d'un athlète visant une médaille. C'est le message puissant qu'ont partagé 2 athlètes en tir à l'arc, Lisa Barbelin, médaillée olympique à Paris 2024, et Thomas Chirault, vice-champion olympique, lors de la conférence de clôture du Paris Event Forum.
Leur constat est sans appel : « atteindre ses objectifs, ça se joue au millimètre près, sur un pas de tir comme dans la gestion d’un événement ».
Alors, comment appliquer leur discipline de fer à nos propres projets ? En nous inspirant de leur parcours, cet article décortique les leçons clés pour viser l'or de l'organisation événementielle.
SOMMAIRE
1. La préparation millimétrée : chaque détail compte
Lorsqu'on écoute Lisa Barbelin et Thomas Chirault, un concept résonne avec force : la préparation millimétrée. Cette approche est le miroir parfait du rétroplanning de tout bon organisateur d'événements.
Pour un athlète olympique, la victoire se dessine bien avant de monter sur le podium. Il y a le programme nutritionnel, la préparation physique, le renforcement mental, l’analyse des adversaires. Chaque élément est une brique essentielle de l'édifice final.
Cette même logique s'applique directement à notre métier. Votre rétroplanning n'est pas qu'une simple to-do list, c'est le plan d'entraînement complet de votre événement. Il ne laisse rien au hasard et, tout comme pour un sportif, il repose sur trois piliers fondamentaux :
L’anticipation absolue : un champion ne se contente pas de s’entraîner ; il anticipe les conditions de la compétition, les stratégies de ses concurrents, les coups de fatigue potentiels. En événementiel, c'est la même chose. Anticiper ne signifie pas seulement réserver un lieu à l'avance. C'est surtout prévoir la charge de travail, identifier les enjeux logistiques, et détecter les risques potentiels pour avoir déjà une solution de back-up en tête.
La planification de l'imprévu : que se passe-t-il si le vent se lève soudainement sur le pas de tir ? L'athlète a un plan. Que se passe-t-il si votre top speaker annule à la dernière minute, ou si la connexion Wi-Fi lâche ? Vous devez avoir un plan B, voire un plan C. Une préparation millimétrée n'exclut pas l'imprévu, elle l’intègre comme une variable à maîtriser.
La répétition comme seconde nature : un archer répète le même geste des milliers de fois pour qu’il devienne un réflexe. En événementiel, on appelle ça les « dry runs » : Les répétitions techniques, les briefs d'équipes successifs, les simulations de l’accueil des participants. Ces rituels ne servent pas à vérifier si tout fonctionne, mais à ancrer les processus chez chaque partie prenante, pour que le jour J, l'exécution soit fluide, naturelle, comme une évidence.
2. L'organisation sans faille : l'impact direct sur la performance
Aux Jeux Olympiques, l’excellence ne se limite pas aux exploits sportifs. Elle commence bien avant le coup d’envoi, dans les coulisses d’une organisation millimétrée. Ce que les athlètes comme Lisa Barbelin et Thomas Chirault nous rappellent, c’est qu’une logistique parfaitement orchestrée a un impact direct et mesurable sur leur performance. Plus l’organisation est fluide, plus l’athlète peut se concentrer sur l’essentiel : donner le meilleur de lui-même.
Imaginez un athlète olympique à quelques minutes de son épreuve. Il ne se demande pas où est son badge d'accès, ne s’inquiète pas de son transfert, ni ne cherche désespérément un kiné. Tout est pensé, anticipé, coordonné pour lui permettre de se libérer totalement de la charge mentale. Résultat ? Il est prêt à performer, l’esprit clair et concentré.
Ce principe s’applique tout autant à l’univers de l’événementiel. Un participant, comme un athlète, doit pouvoir vivre pleinement son expérience sans être parasité par des frictions logistiques. Pas de question sur l’emplacement d’une salle, pas de Wi-Fi capricieux, pas de badge mal imprimé : chaque détail compte. Chaque micro-irritation est une barrière invisible entre votre événement et l’impact que vous espérez créer.
Les organisateurs d’événements ont donc tout intérêt à s’inspirer de cette approche olympienne : faire de l’organisation un levier de performance pour leurs participants. Une expérience fluide commence dès l’inscription, se poursuit avec un accueil fluide, une signalétique claire, une connectivité sans faille, et des services pensés pour anticiper les besoins : un café au bon moment, un espace calme pour un appel, un vestiaire sans attente.
C’est cette attention aux détails, cette excellence opérationnelle invisible, qui transforme un bon événement en expérience mémorable. Car au final, le plus beau compliment qu’on puisse adresser à l’organisateur, c’est de ne rien remarquer.
Quand tout semble couler de source, c’est que l’organisation a atteint son but ultime : se fondre dans l’expérience pour laisser toute la lumière aux participants.
3. La gestion des émotions : rester maître du jeu quand tout s'accélère
Une organisation peut être parfaite en théorie, mais elle ne révèle sa véritable valeur que face à l’imprévu. Un micro qui lâche en pleine keynote, un intervenant bloqué dans les transports, une alerte météo… C’est à ce moment précis, lorsque le plan minutieusement préparé menace de voler en éclats, que le métier d’organisateur bascule dans une autre dimension : celle des émotions vécues au cœur de la compétition.
Ce terrain, les athlètes olympiques comme Lisa Barbelin et Thomas Chirault le connaissent par cœur. Leur entraînement ne consiste pas seulement à répéter un geste technique, mais à le maîtriser sous une pression immense, quand le pouls s’accélère et que le doute s’installe. La clef de leur succès réside dans leur préparation mentale, une compétence qui révolutionne notre approche de la gestion de crise événementielle.
Comment y parviennent-ils ? Et surtout, comment nous en inspirer ?
Le pouvoir de la visualisation : Un archer ne se contente pas de tirer des flèches ; en amont, il visualise des centaines de fois la trajectoire parfaite, le son de la corde, l’impact au centre de la cible. En événementiel, c’est une arme redoutable. Avant le jour J, prenez le temps de visualiser le déroulement idéal de votre événement : la fluidité de l’accueil, l’engagement de l’audience, les applaudissements nourris. Cet exercice n'est pas de la pensée magique : il ancre un scénario de succès dans votre esprit, vous conditionnant à le réaliser et à surmonter les obstacles sans paniquer.
La maîtrise par la respiration : Face à une situation de stress intense, le premier réflexe est souvent court et saccadé. C’est tout l’inverse du champion, qui s’ancre dans le moment présent par une respiration lente et contrôlée. Avant une prise de parole importante ou au moment de gérer un imprévu technique, isolez-vous 30 secondes et concentrez-vous sur 3 ou 4 inspirations et expirations profondes. Cette micro-pause suffit à calmer le système nerveux et à permettre une prise de décision lucide plutôt que réactive.
La force du collectif face à l’adversité : Un sportif, même dans une discipline individuelle, n’est jamais seul. Il s’appuie sur son entraîneur, son préparateur physique, son équipe. C’est ce qui lui permet de se concentrer uniquement sur sa performance. Le bon déroulement d’un événement ne repose jamais sur une seule personne, mais sur une équipe soudée où chacun connaît son rôle, a été briefé sur les plans B et fait confiance aux autres pour gérer leur périmètre. Lorsque la crise survient, la solidité de ces liens est ce qui empêche l’effondrement.
La leçon ultime du sport de haut niveau est peut-être là : la solidité mentale n’est pas un “soft skill”, mais la compétence la plus opérationnelle qui soit. Tout comme un athlète gagne avec sa tête, un organisateur pilote son événement avec son calme et sa lucidité. C’est la garantie de rester maître du jeu, transformant la pression non pas en obstacle, mais en carburant pour l'excellence.